La nécessité d’une gouvernance efficiente est un défi permanent, qui exige que chaque individu, chaque organisation, soit stratégiquement conscient, remette en question ses certitudes et soit prêt à regarder le monde d’un point de vue différent. Les entreprises doivent faire évoluer leurs organes de gouvernance pour répondre aux enjeux de notre société.

De nombreuses pratiques de gouvernance qui prévalent encore aujourd’hui dans certaines organisations remontent au XIXe siècle. Elles sont incompatibles avec les préoccupations actuelles de notre société et doivent être réformées au profit d’organes de gouvernance élargis, diversifiés et compétents pour y répondre.

L’environnement dans lequel nous évoluons n’est plus le même que celui que nous avons connu il y a 10 ans. La liste des enjeux avec lesquels les entreprises, l’État, les citoyens doivent composer, partout dans le monde s’est allongée et amplifiée et il n’est plus à démontrer que ces enjeux doivent être pris au sérieux.

Qu’ils soient d’ordre technique : numérique, cyber sécurité, impact de l’IA et de la data, évolutions législatives ; qu’ils soient d’ordre environnemental : changement climatique, respect de la biodiversité, réduction des impacts environnementaux ; qu’ils soient d’ordre social : transformation des métiers, égalité professionnelle, lutte contre les discriminations ; ils sont autant source d’occasions à saisir, que de difficultés à surmonter.

La gouvernance consciente, responsable et alignée

Les parties prenantes d’une entreprise (à savoir ses actionnaires, ses salariés, ses clients, ses fournisseurs…) ont désormais les mêmes attentes de transparence que le citoyen vis à vis de l’Etat et des organisations. Elles souhaitent plus de transparence, plus de protection des minoritaires, plus de responsabilisation des « dirigeants », plus de valeur ajoutée responsable et moins destructrice des ressources.

Une entreprise, prudente, éclairée, ne saurait faire abstraction de ces questions liées au change- ment global dans le cadre de sa surveillance des risques, de sa stratégie, de la performance financière et de la communication d’informations. Grâce à l’apport de la loi PACTE, désormais l’entreprise doit aussi se questionner sur sa raison d’être, sa mission, pour s’interroger sur leur utilité dans notre monde en proie à des transformations aussi radicales qu’urgentes.

Dans ce contexte, avoir une gouvernance structurée, transparente, consciente et efficiente devient plus que nécessaire pour les entreprises. Pour y répondre, les dirigeants d’entreprises doivent se rendre compte, que des organes de gouvernance bien constitués et bien pilotés pourront veiller à l’alignement de la stratégie avec ces risques, à la mobilisation des ressources et au respect des engagements dans une volonté d’équité et de solidarité entre les parties prenantes.

Comprendre les impacts sur la chaine de valeur

L’efficacité́ de l’entreprise à identifier les questions liées à ces changements globaux et à y répondre est de toute évidence fondamentale pour atteindre les objectifs d’affaires et créer de la valeur à long terme.

Pour s’acquitter de cette responsabilité, il appartient aux dirigeants, advisor et investisseurs qui siègent dans des boards, aux administrateurs des conseils d’administration et de surveillance, de posséder une connaissance solide des activités de l’entreprise doublée d’une excellente compréhension sur la façon dont ces activités seront impactées, car elles le seront, par ces changements.

Plus particulièrement, ils devront chercher à approfondir leur compréhension de toutes les questions soulevées par ces mutations, y compris leur pertinence et leur importance pour les activités fondamentales, la chaine de valeur et l’impact sur leurs parties prenantes.

Renforcer la confiance

Ce qui signifie qu’il appartient aux entreprises et aux conseils d’évaluer s’ils ont une structure de gouvernance appropriée pour s’adapter à toutes ces transitions. De s’assurer, comme pour un recrutement, que les membres qui siègent dans les organes de gouvernance ont bien les compétences et connaissances requises pour relever la complexité de ces défis. D’accorder une plus grande importance tant à la gouvernance qu’aux facteurs environnementaux et sociaux.

Les conseils doivent désormais manier l’art de combiner de façon appropriée, connaissance, compétences et expériences pour évaluer la probabilité que les risques surviennent et leur incidence potentielle sur l’activité et la réputation de l’entreprise. L’efficacité des conseils sur ces sujets qui vont du changement climatique, à la protection des données, en passant par la diversité, est déterminante pour assurer l’avenir des organisations et renforcer la confiance des citoyens, dans un contexte de défiance croissant.